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Je m’appelle Nicolas BARNI, et je vais vous raconter mon histoire

C'est un post facebook qui nous a fait découvrir Nicolas Barni. Nous avons pris contact avec le pilote de motocross afin de découvrir son histoire, Nicolas a été victime d'une lourde chute en 2011, se retrouvant paraplégique. Mais c'est avec un esprit de guerrier qu'il est parvenu a surmonter les épreuves pour remonter sur une moto et poursuivre sa passion.

Je m’appelle Nicolas BARNI, et je vais vous raconter mon histoire.


"Le 5 mars 2020, un jour spécial pour moi … neuf ans que mon accident de moto ma rendu paraplégique. Je m’appelle Nicolas BARNI, et je vais vous raconter mon histoire. Il y a neuf ans j’entamais ma plus dure préparation physique pour pouvoir me mesurer aux meilleurs de ma catégorie. Je n’avais que 20 ans, et le 5 mars 2011 à changer ma vie." 

"Tout d’abord, j’ai commencé la moto à l’âge de 7 ans en 60CC et ma première course était quelques mois plus tard. C’est mon grand frère, Jérémi BARNI et mon papa Jacques BARNI qui m’ont transmis cette passion. En 2005, j’ai été vice-champion 85CC de la ligue de Franche-Comté et j’ai participé deux fois à la coupe des régions. L’année suivante je suis passé en 125CC avec de belles bagarres dans le top 5. En 2007, toujours en 125CC avec une belle victoire et plusieurs Top 3. En 2010, je suis passé en 250CC 4T, avec de bons résultats aussi. En 2011, avec plusieurs années d’apprentissage et de perfectionnement, j’ai emmagasiné un maximum d’expérience pour pouvoir me mesurer aux meilleurs de ma discipline." 


"Alors je me suis entraîné encore et encore, et ce jour arriva, un jour pas comme les autres…. C’était sur le terrain du Sabot à VESOUL (70), lors d’un entrainement, j’ai tapé la crête de la réception et sa m’a éjecté de ma moto. J’ai été héliporter au centre l’hospitalier de Minjoz à BESANCON (25) pour une opération immédiate. J’ai eu 6 vertèbres de cassées de la D3 à la D9, un hématome à la moelle épinière de la vertèbre D4 qui ma rendu paraplégique, mon bras gauche de cassé et quelques complications respiratoires, du sang allait dans mes poumons et j’ai eu deux drains. Je suis resté 1 mois en soins intensifs. J’ai fait ma rééducation au CRF de Héricourt pendant une période de 6 mois." 

"Les premiers mois étaient très compliqués. Mon bras gauche était cassé alors impossible pour moi de faire des transferts, et d’être dans un fauteuil roulant manuel, alors pendant deux mois j’ai eu un fauteuil électrique pour pouvoir me déplacer. La rééducation était ergonomique, pour réapprendre les gestes simples de tous les jours comme bouger des pions etc... et du kiné pour apprendre à retrouver l’équilibre étant donné que je n’avais plus d’abdos. Ma kinésithérapeute me jetait un ballon et je devais le rattraper sans tomber et pleins d’autres exercices de ce genre. C’était vraiment éprouvant physiquement. J’ai fait énormément de sport pour reprendre du muscle sur tout le haut de mon corps afin de pouvoir faire les transferts, pousser le fauteuil, m’habiller etc..." 

"Pendant ma rééducation j’ai eu l’opportunité de faire du Handbike ça m’a permis de m’évader un peu du centre, prendre un bon bol d’air et me redonner une force mentale pour continuer de me battre. Pendant toute la durée de ma rééducation au CRF de Héricourt, j’ai regardé une vingtaine de fois la vidéo de Marc RISTORI qui avait refait de la moto, et depuis ce jour j’ai su que moi aussi je voulais remonter sur ma moto. Je disais à mon entourage « Moi aussi, un jour se sera mon tour ! ». Mes parents et quelques amis étaient contre. Alors j’ai repris une activité professionnelle. En effet, j’ai fait mes études pour pouvoir travailler dans l’entreprise familiale en tant que plombier chauffagiste, mais étant paraplégique, je ne pouvais plus faire ce métier. Alors je suis devenu gérant d’un magasin d’habits, pour pouvoir me racheter une moto." 


"Ce jour tant attendu est arrivé, j’ai trouvé LA moto que je voulais. Je suis allé la chercher seul et je l’ai mise dans mon garage. Le lendemain, mon papa voit la moto et me dit « C’est quoi cette moto ? C’est pour la revendre ? ». Je lui réponds « Non, c’est pour moi, je vais me refaire une moto pour rouler ». Il me répond « Mais arrêtes tes bêtises, n’importe quoi ! Tu vas voir ta mère ne vas pas être d’accord ». Il est parti énerver (mais je pense plutôt qu’il était stressé). Le soir, il rentre du travail, il vient me voir pour m’aider à regarder ce qu’il y avait à faire dessus. J’ai eu aussi la chance d’avoir de très bons amis qui m’ont également aidé à préparer la moto (un arceau, shifter pour passer les vitesses et frein arrière à la main). J’ai retrouvé le plaisir de rouler le 2 septembre 2018, un stress de folie en remontant sur ma moto, mais tellement magique ! J’avoue qu’au bout de 5 ou 6 tours, j’avais déjà bien mal aux bras, mais quel bonheur de pouvoir rouler 7 ans après mon accident. Je suis passé par beaucoup d’émotions, la fierté, la joie, les larmes aux yeux… Depuis je roule souvent avec mes amis, j’ai réalisé mon rêve et je suis vraiment heureux !"